La présidence belge doit s'inspirer de l'esprit de Delors et mettre en œuvre la directive relative aux plates-formes de travail

Le Conseil, sous la direction de la présidence belge de l'UE, doit proposer une directive forte sur les plates-formes de travail comme première étape vers la fin du travail précaire et le retour à l'Europe sociale envisagée par Jacques Delors.

C'est l'appel qu'Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), a lancé à Namur lors de la première réunion des ministres de l'emploi et des affaires sociales sous la présidence belge, se félicitant de l'accent mis sur les emplois de qualité et sur le pilier européen des droits sociaux.

Cette réunion intervient trois semaines après que le Conseil de l'UE n'a pas approuvé le résultat des négociations en trilogue sur la directive relative aux plates-formes de travail.

Le gouvernement belge assure la dernière présidence avant les élections européennes de juin :

"Il reste un travail important à accomplir avant la fin du mandat. Les institutions européennes doivent finaliser la directive visant à améliorer les conditions de travail sur les plates-formes. Nous demandons également à la Commission de présenter dès maintenant une proposition de directive sur le télétravail et le droit à la déconnexion".

S'exprimant publiquement pour la première fois depuis la mort de Jacques Delors, M. Lynch a appelé les dirigeants d'aujourd'hui à adopter sa vision d'une Europe sociale qui mettrait le marché unique au service des citoyens.

"Il doit y avoir un changement fondamental. Les bénéfices du marché unique n'ont pas été partagés équitablement, les plus riches ont vu leurs revenus augmenter, non pas grâce à la qualité ou à la quantité de leur travail, mais surtout grâce à l'extraction spéculative de richesses. Pendant ce temps, les travailleurs à faibles et moyens revenus ont vu leur salaire réel diminuer.

"Les nouveaux modèles d'entreprise menacent les droits du travail et accentuent le déséquilibre des pouvoirs au détriment des travailleurs et de leurs syndicats. L'Europe devrait être un endroit où il est payant de travailler, et non un casino où il est payant de parier sur l'effondrement de nos normes sociales durement acquises.

"L'objectif de l'économie sociale de marché doit être avant tout la création d'emplois de qualité, l'amélioration des conditions de vie et de travail et la réalisation du pilier européen des droits sociaux.

"Résoudre le problème du manque d'emplois de qualité doit être un thème central du prochain mandat. L'Europe sociale doit être au centre du programme et du travail des institutions européennes dans les années à venir.



Notes

Texte intégral du discours du Secrétaire général de la CES à l'EPSCO

Vidéo de l'arrivée du Secrétaire général de la CES et de son message à la porte de l'EPSCO