Le droit à la formation absent de l'Union des compétences

La Confédération européenne des syndicats (CES) demande instamment à la Commission européenne de veiller à ce que l'initiative "Union des compétences" établisse un droit juridiquement contraignant à la formation pour tous les travailleurs, y compris dans les domaines suivants l'intelligence artificielledans le cadre des heures de travail.

Les transitions verte et numérique exigent une transition juste pour les travailleurs. Pourtant, l'"Union des compétences", publiée aujourd'hui, ne fait pas de la formation un droit et ne prévoit pas d'actions concrètes pour mettre en œuvre le premier principe du pilier européen des droits sociaux. Elle ignore également la directive sur les conditions de travail transparentes et prévisibles, qui devrait garantir les droits à la formation par le biais de la loi et des conventions collectives.

Avec 128 millions d'adultes qui ont besoin de se perfectionner et de se recycler, les employeurs doivent assumer la responsabilité de la formation continue en fonction de l'évolution des exigences de l'emploi. L'initiative de garantie des compétences n'est qu'un premier pas - ce qu'il faut, c'est un engagement fort en faveur des droits à la formation. Toute aide financière ou subvention accordée aux entreprises dans le cadre de la garantie des compétences doit être assortie de conditions sociales strictes, garantissant le respect des conventions collectives et des droits des travailleurs.

La CES demande à la Commission de passer d'engagements vagues à des mesures juridiquement contraignantes, en veillant à ce que les travailleurs disposent de temps rémunéré pour se former pendant les heures de travail. Plutôt que de donner la priorité à la "compétitivité", l'initiative devrait se concentrer sur la garantie d'emplois de qualité avec des salaires équitables et des conditions de travail décentes.

En outre, les qualifications-et pas seulement les compétences - doivent être au cœur des politiques de formation, car elles renforcent les droits et les perspectives de carrière des travailleurs. La formation devrait également porter sur les compétences citoyennes, afin de permettre aux travailleurs de défendre les valeurs démocratiques et les droits du travail, et de lutter contre la désinformation.

La gouvernance des politiques de compétences doit être réformée. L'"Union des compétences" met trop l'accent sur les intérêts des entreprises tout en négligeant la représentation des travailleurs. Le Conseil européen de haut niveau sur les compétences risque de transférer le contrôle de l'éducation et de la formation aux entreprises. La CES demande une structure tripartite équilibrée avec une représentation égale des syndicats au niveau national et sectoriel.

La Commission européenne a manqué une occasion importante de transformer ses paroles prometteuses sur les compétences en actions concrètes. Elle doit maintenant apporter des solutions réelles de toute urgence, notamment par le biais d'une directive sur les transitions équitables. Le nombre croissant de travailleurs laissés pour compte ne peut attendre le quatrième trimestre 2025.

Ludovic Voet, secrétaire confédéral de la CES, a déclaré :

"Les besoins en compétences de notre société ne peuvent être satisfaits si les entreprises et les gouvernements transfèrent la responsabilité de l'éducation et de la formation aux individus.

"La reconnaissance du fait que l'éducation et la formation sont un investissement - et non un coût - est une étape positive. Toutefois, les employeurs doivent être tenus responsables de la mise en place de formations gratuites sur le lieu de travail.

"L'Europe dispose de solutions éprouvées : la formation doit être accessible, gratuite et se dérouler pendant les heures de travail. Les travailleurs et leurs syndicats doivent être pleinement impliqués dans l'élaboration et la mise en œuvre de ces programmes, car personne ne comprend mieux les besoins de formation que les travailleurs eux-mêmes.