L'UE doit veiller à ce que les droits de douane imposés par Trump ne nuisent pas à l'emploi

Les syndicats demandent à la Commission européenne de veiller à ce que la dernière annonce de droits de douane américains n'entraîne pas de pertes d'emplois dans les secteurs concernés.

Les droits de douane accentuent la pression sur les travailleurs dans des industries déjà confrontées à des coûts énergétiques élevés, à des chaînes d'approvisionnement fragiles et à l'incertitude géopolitique. De nouveaux droits de douane ou une escalade des droits de douane américains auraient un impact direct sur des secteurs européens clés, menaçant l'emploi, l'investissement et la résilience industrielle dans l'ensemble de l'UE.

L'UE doit réagir de manière ferme, proportionnée et unie. Le cas échéant, elle doit être prête à déployer toute sa gamme d'instruments de défense commerciale, y compris l'instrument de lutte contre la coercition, afin de protéger les travailleurs et les industries européens contre des mesures commerciales injustes ou motivées par des considérations politiques.

Dans le même temps, cet épisode souligne la nécessité urgente de réduire les dépendances stratégiques et de renforcer l'autonomie stratégique ouverte de l'Europe. Une approche "Made in Europe" qui offre des emplois de qualité, soutenue par une politique industrielle ambitieuse, des investissements substantiels et des conditionnalités sociales solides, est essentielle pour assurer l'avenir économique de l'Europe. Des outils de gestion de crise visant à protéger les emplois et la production dans les secteurs menacés devraient être introduits d'urgence en s'inspirant du modèle de l'instrument SURE. Cela est particulièrement important pour faire face aux perturbations commerciales. En définissant sa politique monétaire, la BCE devrait garder à l'esprit l'appréciation substantielle de l'euro par rapport au dollar (environ 14 % depuis le début de l'année 2025) et envisager d'abaisser les taux pour éviter une nouvelle appréciation et soutenir la demande en général.

Plutôt que d'entrer dans une nouvelle spirale de conflits commerciaux, l'UE devrait défendre ses intérêts tout en accélérant les investissements dans l'industrie nationale propre, les chaînes d'approvisionnement résilientes et les droits des travailleurs. La réponse de l'Europe doit protéger les emplois, renforcer les secteurs stratégiques et garantir que les transitions verte et numérique profitent aux travailleurs.

Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, a déclaré :

"L'Europe doit répondre de manière ferme, proportionnée et unie. La fragmentation ne ferait qu'affaiblir notre position et exposer les travailleurs et les industries à une plus grande instabilité. L'UE dispose des outils nécessaires pour se défendre, notamment ses instruments de défense commerciale, et elle ne doit pas hésiter à les utiliser si nécessaire.

Les outils de gestion de crise "SURE 2.0" doivent être introduits d'urgence pour protéger les emplois et la production dans les secteurs menacés. Défendre l'ouverture commerciale ne signifie pas accepter des mesures injustes. Cela signifie défendre les emplois européens, les secteurs stratégiques et un commerce fiable."

Claes-Mikael Stahl, secrétaire général adjoint de la CES, a déclaré :

"L'UE a déjà remplacé une dépendance énergétique par une autre ; elle doit maintenant redoubler d'efforts pour assurer une transition juste et se sevrer des importations d'énergie. L'UE ne doit pas hésiter à utiliser tous les outils commerciaux à sa disposition, y compris le bazooka commercial.

"Le Parlement européen a eu raison de suspendre l'approbation du traitement tarifaire préférentiel accordé aux produits américains dans le cadre de l'accord UE-États-Unis cet été, jusqu'à ce que les États-Unis respectent leur part du marché et commencent à se comporter comme un partenaire commercial fiable.