Migration : Des emplois de qualité sont essentiels pour remédier aux pénuries de main-d'œuvre

La Commission européenne a annoncé aujourd'hui son ambition de faire de l'Europe l'endroit le plus attractif au monde pour venir travailler, afin de lutter contre les pénuries de main-d'œuvre qui freinent l'économie européenne.

La Confédération européenne des syndicats (CES) déclare que l'ambition contenue dans la stratégie européenne en matière de migration et d'asile prouve que la nécessité d'améliorer la qualité des emplois en Europe pour tous les travailleurs est essentielle pour accroître la compétitivité de l'Europe - et non un nivellement par le bas.

Cette ambition est toutefois contredite par la volonté constante de la stratégie d'augmenter les déportations et les contrôles aux frontières, y compris en exerçant une pression sur les pays par le biais de la " diplomatie migratoire ".

Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, a déclaré :

"L'Europe devrait être le meilleur endroit au monde pour travailler. A une époque où il est prouvé que les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont à l'origine des pénuries de main-d'œuvre, l'amélioration de la qualité des emplois pour tous les travailleurs est essentielle pour renforcer la compétitivité économique de l'Europe.

"Pourtant, les engagements pris dans le cadre de cette stratégie ne sont pas à la hauteur de cette ambition. Ce qui manque, c'est une action concrète pour améliorer les salaires, les conditions et les droits des travailleurs migrants, y compris les travailleurs sans papiers, qui sont trop souvent poussés à l'exploitation dans l'économie souterraine.

"Cela implique de soutenir les syndicats, de promouvoir la négociation collective, de réglementer la sous-traitance et d'étendre le mandat de l'Autorité européenne du travail pour qu'elle couvre correctement les travailleurs migrants. Ces lacunes soulignent pourquoi la Commission doit travailler en étroite collaboration avec les syndicats - et pas seulement avec "l'industrie et les employeurs de l'UE", comme le prévoit actuellement la stratégie.

"Chaque jour, les gros titres des journaux américains montrent qu'une approche hostile et punitive de l'immigration est une impasse. L'Europe doit choisir une voie plus pragmatique et plus humaine".

Giulio Romani, secrétaire confédéral de la CES :

"Le fait que la Commission continue de mettre l'accent sur les déportations, y compris en faisant pression sur les pays par le biais de la 'diplomatie migratoire', va totalement à l'encontre de ses ambitions de renforcement de la compétitivité."

"La pénurie de main-d'œuvre est l'un des principaux défis à la compétitivité européenne. Les voies de régularisation permettraient de remédier à ces pénuries tout en garantissant que les mauvais patrons ne puissent pas exploiter les travailleurs immigrés en situation irrégulière pour réduire les salaires et les conditions de travail.

"La stratégie évoque ces abus en matière de travail illégal, mais ne prévoit aucune mesure concrète pour s'attaquer à un problème qui continuera de s'aggraver en l'absence d'une action concertée. La numérisation de la forteresse Europe ne protégera ni les travailleurs locaux ni les travailleurs migrants.

Crédit photo : CE - Service audiovisuel / Philippe Therasse

.
Publié le29.01.2026
Communiqué de presse